"Un rêve", texte écrit sur le blog Mil et Une

(juste quelques petites modifications apportées)


Un rêve


Cette nuit, j’ai fait un rêve.

Non ce n’est pas le rêve de Martin Luther King,

Il demeure le sien même s’il est devenu le nôtre, mais ce n’est pas celui dont je vais vous parler aujourd’hui.


Aujourd’hui ou plutôt cette nuit, ...

J’errais dans des rues désertes depuis une éternité comme un fantôme dans un univers qui n’est plus le sien. Tout était silencieux. Les bâtiments avaient tous une couleur blanchâtre parsemée de tags colorés, souvent insignifiants, parfois révélant le talent artistique de celui ou celle qui l’avait créé. Je me suis arrêtée pendant des heures - du moins c’est la sensation que j’avais -devant l’une de ces œuvres qui avait attiré mon attention. J’y avais chercher un sens, pourquoi était-elle là dans ce monde si étrange et vide ? Je l’ai examiné dans les moindres détails, me demandant qui en était l’auteur. Personne aux alentours. Juste le silence et… une légère brise rafraichissante bienvenue.


Il faisait si chaud que j’aurais pu confondre l’immensité de cette ville avec les dunes du Sahara. La moindre parcelle d’ombre était une véritable oasis. Cette œuvre se trouvait justement à l'abri des rayons piquants du soleil. Elle embellissait une des façades qui encadraient une petite cour au climat étrange et mystérieux, mais rassurant pourtant au milieu du silence ambiant. Je l'avais découverte au détour d'une étroite ruelle où je m'étais réfugiée un instant.


Mais qu’importe, dès mon premier regard sur elle, plus rien ne comptait : j’étais comme figée devant ce tag gigantesque. J’étais comme une fourmi devant un fruit bien mûr. Mon regard ne pouvait s’en détacher. On aurait dit une affiche plaquée au mur, l’artiste avait su imiter les rebords dont un coin semblait s’en décoller. Illusion parfaite.


A l’intérieur de ce cadre, des mains. De nombreuses mains s’entremêlant pour former une palette dégradée du beige le plus clair au noir le plus foncé. Elles étaient unies, une impression de tendresse et de force émanait de cet ensemble hétéroclite. Qui étaient ces gens ? Se connaissaient-ils ? A moins que ce ne soit l’artiste qui les ait sortis de son imagination…comme un magicien sort une colombe de son chapeau. C’était magique, oui. On aurait tellement dit que ses mains étaient réelles… Chaque détail était d’un réalisme éblouissant. Plus j’observais, plus j’avais envie de joindre ma main à celles de ces autres pour ressentir leur chaleur, pour y chercher un peu d’énergie et de réconfort…me sentir moins seule, me sentir vivante.


Cependant, je n’osais pas approcher ma main trop près. La peinture aurait pu s’évanouir, disparaître sous mes doigts et meurtrir ce tableau aussi libre qu’un papillon virevoltant sous mes yeux. Pourtant il me semblait entendre un léger murmure qui m’y poussait…m’y encourageait même. La tentation fut la plus forte, je glissai alors délicatement le bout de mes doigts sur la main la plus proche de moi, la caressai…la peinture ne s’effrita pas, bien au contraire…elle commença à tournoyer et telles des milliers de petites lucioles m’éblouit d’une lumière indéfinissable m’emportant avec elle.


Aujourd’hui, j’ai fait un rêve… j’y ai rejoint le cercle des humains…ma main est désormais posée dans les leurs. Je ne suis plus seule dans un monde vide de sens. J’ai enfin retrouvé ma place parmi eux.


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