La grenouille-mère


Texte écrit pour le sujet 8 du blog Miletunesuite


Assise stoïque devant l'entrée des mares, veille la grenouille-mère.


Le monde peut tourner à l'envers, ses yeux globuleux restent grand ouvert.


Qu'il vente, grêle, neige ou que le soleil grille sa peau aux reflets verts,


Personne ne la dérangera de sa position de gardienne, pas même l'hiver.


Les autres se moquent, mais elle n'a que faire de toutes les commères.

 

Toujours immuable, elle garde la tête bien haute et le port fier.


Elle gobe les mouches imprudentes, et d'autres insectes de l'air.


Il ne faudrait pas fléchir. Alors elle maintient sa forme d'enfer,


Un peu d'exercices chaque jour à l'ombre du majestueux filaire


Qui se dresse depuis des lustres au milieu de ces terres millénaires.

 

Le temps passe. La pluie manque. Plus d'insectes ni de vers.


Plus de mares à garder. Toutes les grenouilles sont en colère :


A quoi bon être gardienne si elle ne peut rien y faire ?


Elles partent vers d'autres horizons la laissant loin derrière.


Peu importe, même fossilisée, elle restera la grenouille-mère !


#poésie, #miletunesuite, #grenouille, #poème

 

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