La culpabilité

Un sentiment étrange à la source d'un mal-être difficile à décrire


Que dire ? Oui je culpabilise beaucoup trop souvent, oui je culpabilise alors que je ne devrais sans doute pas. Mon cœur prendrait-il le dessus sur ma raison qui me crie d'être sur mes gardes si je le laisse faire? A moins que ce ne soit ma raison qui empêche mon cœur de parler, et que ce dernier en souffre...je ne sais plus. Pourquoi ne peuvent-ils pas s'associer au lieu de se contredire et de me laisser me noyer sous des tonnes d'hésitations et de sentiments contradictoires...toujours à me débattre entre eux pour savoir lequel écouter...pour savoir quel choix est le meilleur… un choix cornélien. La Raison ou le Cœur. Quand on est dans cet entre-deux sans confiance réelle ni en l'un, ni en l'autre...c'est la porte ouverte à Madame Culpabilisation. Cette grande Dame aux allures de Tatie Danielle que l'on n'ose remettre à sa place par peur de ne la voir encore plus virulente. Celle que l'on aimerait faire disparaître à coup de baguette magique ! Mais voilà, pas de baguette magique...


Alors Cœur ou Raison ?


Certains me diront que le Cœur n'est pas réaliste, qu'il est juste un artiste sentimental plein de rêves. Alors que la Raison est une valeur sûre sans faille, un guide de haute montagne capable de nous faire franchir tous les obstacles.

D'autres me diront au contraire que le Cœur est le seul capable de comprendre, qu'il est celui qui nous apporte les sentiments, ceux-là même qui nous rendent vivants. Que le Cœur est celui qui nous pousse vers des horizons nouveaux, vers le monde. Alors que la Raison serait une peureuse, ou l'empêcheuse de tourner en rond. Celle qui nous freine.


Aucune de ses explications ne me convient...Pour moi, leur rôle est de veiller l'un sur l'autre, tout en maintenant un équilibre nécessaire au bien-être.

Alors pourquoi je n'y parviens pas, me demanderez-vous ? Si seulement je le savais...sans doute, que Cœur et Raison ne sont pas seuls...il y a Moi au milieu d'eux. Un Moi profondément enfoui qui tremble encore, qui craint de ne froisser l'un ou l'autre de ceux qui le constituent, comme s'il était continuellement au bord d'un gouffre dans lequel Cœur ou Raison pourrait sombrer. Ce Moi qui du coup empêche Cœur et Raison d'être sereins car ce manque de confiance les bloque.

Moi culpabilise de culpabiliser, Cœur essaie de consoler, Raison essaie de secouer le cocotier...et tous s'épuisent en se fermant à l'extérieur progressivement pour éviter la chute. Et si quelqu'un tente de leur ouvrir les yeux, pour les aider à avancer pourtant, Moi se dissimule derrière de faux semblants ou inverse la situation pour éviter de n'avoir à se voir lui-même...et ça fait mal de toutes parts. Bref un cauchemar dans lequel Moi s'enfonce comme pour se punir d'être lui, la preuve… il cherche même à provoquer la foudre contre lui pour prouver qu'en effet il n'est pas comme il devrait être...un engrenage sans fin.


Un engrenage sans fin, vraiment ?


Evidemment que non ! Je sais que j'ai encore un gros travail à faire sur Moi pour qu'il reprenne confiance, pour qu'il cesse de s'en vouloir pour tout, pour qu'il se pardonne et accepte ce qui a été et ce qui est pour évoluer. C'est juste si long... J'ai parfois l'impression que jamais je ne parviendrai au bout de ce chemin. Et le pire c'est que quand il me semble avoir réussi à passer un cap et que j'en suis heureuse, mon Moi fait un saut en arrière à la moindre occasion où Cœur et Raison doivent se mettre d'accord, comme s'il refusait d'être apaisé, comme s'il allait disparaître en acceptant cette confiance qui lui a tant manqué. Comme s'il n'existait qu'à travers ces dilemmes cornéliens dont il aimerait pourtant se séparer.

Bref, il est comme un enfant effrayé avant le passage d'un rite sensé le rendre meilleur, plus fort. Un passage inévitable qu'il repousse par peur de se perdre…encore.


La confiance, un remède à bien des maux


La culpabilité souvent bien dissimulé au plus profond de soi finit souvent par provoquer des maux physiques… C'est le Corps cette fois qui pris au piège du Moi, de son Cœur et de sa Raison crie silencieusement et se punit pour les mots que lui dicte le Moi culpabilisant… des mots que Moi retient, des mots que le Corps ne peut que traduire en maux pour crier cette détresse muette qui le ronge.

C'est pourquoi à un moment donné, il faut bien laisser Raison nous bousculer, et Cœur s'exprimer pour laisser la confiance influée par les autres s'emparer de son Moi et l'aider à GRANDIR, même si Moi pense qu'il ne mérite pas cette confiance et a tendance à s'autoabaisser par peur de l'échec. Parce qu'il s'agit bien de GRANDIR. Et pour grandir il faut parfois se faire violence, aller au-delà de ce que Moi se croit capable. Lui prouver qu'il PEUT, que c'est son inertie, sa culpabilisation qui risque de l'emporter dans le gouffre et non LUI même.


Alors il ne me reste plus qu'à me battre pour reprendre confiance en ce MOI, en cette RAISON et en ce COEUR qui m'ont trahie, abandonnée autrefois…Et cela avec l'aide de mon emmerdeur préféré, ce sorcier qui finit toujours par rendre mélodieux mes violons intérieurs.


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