Et si les collants m'étaient contés ?


collants


Aujourd'hui, le collant qui pare nos gambettes et les embellisse est un accessoire indispensable de toutes garde-robes.

Mais connaissez-vous son histoire ?

Une histoire riche de petits événements qui en ont accompagné d'autres plus importants, une histoire que j'ai découverte avec passion ( il est vrai que quand je me lance dans des recherches, ce n'est jamais sans un brin de folie qui me pousse toujours à en savoir davantage !).

Cette histoire la voici...



1869, alors que le "Roi du trapèze", Jules Léotard de son vrai nom, fait fureur sur la piste en réalisant des voltiges impressionnantes et paré de son maillot-collant créé spécialement pour ses spectacles (le fameux "léotard" portés par les gymnastes de nos jours), les dames et damoiselles qui l'admiraient, se contentaient, quand elles en portaient, de bas de laine, de coton ou de soie - à moins d'être danseuses.


Jules Léotard

Dans les années 20, une nouvelle fibre, nommée la rayonne inventée en 1884 par le comte Hilaire de Chardonnet originaire de Besançon est utilisée dans la fabrication des bas :

le viscose !

Cette fibre à l'aspect aussi brillante et légère que la soie naturelle permettra de démocratiser les bas car plus économiques.



Galina Ulanova et Youri Zhdanov

Quelques années plus tard, en 1935, un chimiste américain de la compagnie Du Pont de Nemours, Wallace Hume Carothers crée

le nylon, premier fil synthétique.


C'est le début d'une petite révolution : en 1940, les bas-nylons déferlent sur le marché américain où, en une année, 64 millions d'exemplaires sont vendus ( impressionnant, non ?!). Ces bas sont plus transparents : finesse, légèreté, résistance, mais également rigidité, les caractérisent et ils remplacent peu à peu les bas en rayonne. Les jupes sont, à l'époque, très longues, les bas sont courts… et uniquement de couleur beige. Quant aux collants, ils restent encore réservés aux mannequins, danseurs et danseuses, acrobates et actrices.


Paulette Godard

Au même moment, en Europe la guerre fait rage. La pénurie de matière première se ressent partout et touche donc l'industrie textile : le nylon est utilisé pour la fabrication de parachutes, tentes, pneus et les bas deviennent rares. Les femmes se teintent alors souvent les jambes avec des sachets de thé ou dessine à l'arrière de leurs jambes une ligne au crayon pour faire illusion

A la fin de la guerre, les alliés arrivent en France avec, dans le paquetage des G.I., les chewing-gums, les cigarettes américaines, le jazz, les barres de chocolat, les pin-up… et les fameux bas en nylon !


Rhodia, en France devient un fournisseur incontournable de fil de nylon et comme le bas d'origine américaine reste irrégulier, la production française de bas qui revendique une qualité irréprochable se développe de façon exponentielle. Toutes les grandes maisons de mode en vendent désormais.


Début des années 50, les bas sans couture apparaissent et Bas Dimanche (DIM), crée par Bernard Giberstein, surnommé "l'homme aux bas nylon", les vend en lots… grand succès à nouveau, le bas connaît la gloire encore quelques années…



1959, Allan Gant, aux USA, commercialise enfin les premiers collants accessibles à toutes. Les collants vont alors connaître une évolution rapide et les spécialistes de la mode lui ouvrir grand la porte,

avec l'arrivée du Lycra qui les rend plus élastiques

et l'apparition de la mini-jupe développée par Mary Quant en Angleterre.

Cette dernière rencontre Pamela Mann, dans les années 60, spécialisée justement dans la fabrication de collants : ce n'est pas par hasard ! La carrière des collants s'envole.



En France, DIM poursuit son développement en rendant les bas et collants de plus en plus accessible aux femmes, et en créant régulièrement de nouveaux concepts : les couleurs se multiplient, les motifs se diversifient, …


La part de marché du collant, plus pratique et agréable à porter, prend le dessus sur celui des bas.






Années 70 : la mode punk débarque et le résille est mis en exergue...jusqu'à sa disgrâce dans les années 80, alors associé à la transgression et à une féminité exubérante.








Heureusement pour le collant résille (et ce n'est pas pour me déplaire!), il est ces dernières années remis au goût du jour, et désormais"s'inscrit dans une hégémonie streetwear dédramatisé" (Marie-Claire).

Avez-vous déjà aperçu les résilles bijoux créés par Lirika Matoshi ? De véritables œuvres d'art...j'adore !



résille bijoux de Lirika Matoshi

De nos jours, la mode s'intéresse de plus en plus aux collants pour homme, tout en continuant à créer des bas et collants de plus en plus confortable, solide, mais aussi pleins de fantaisie, de séduction...tous les goûts peuvent y trouver leur bonheur !



Les collants ont donc toujours un bel avenir devant eux et pour ma part...mes tiroirs n'ont pas fini de déborder de leur fantaisie !!!


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